مال وأعمال

Dirigeants – L’art subtil d’esquiver ses responsabilités

عثمان منجي الدين · 18‏/3‏/2025

Par Prof. Slimani Moulay

La responsabilité est une valeur cardinale dans toute structure de gouvernance. Pourtant, certains dirigeants développent un talent particulier pour l’éviter, transformant ce qui devrait être un engagement en un exercice de fuite stratégique.
Déléguer est une nécessité dans le management moderne, mais certains en abusent en transférant systématiquement les décisions sensibles à leurs subalternes. Cette pratique leur permet d’éviter d’assumer des erreurs potentielles, tout en conservant les honneurs des succès. À cela s’ajoute la tendance à procrastiner : en retardant volontairement les décisions importantes sous prétexte d’analyses supplémentaires ou de concertations interminables, certains dirigeants finissent par enterrer des dossiers sans jamais avoir à en porter la responsabilité.

Un discours vague et flou est une autre arme redoutable. En jouant sur des termes ambigus et en multipliant les déclarations contradictoires, ces dirigeants laissent place à l’interprétation, rendant difficile toute remise en cause de leurs actions. Parallèlement, l’alourdissement des procédures administratives devient un moyen efficace de décourager toute demande de responsabilisation. Multiplier les circuits de validation et compliquer les processus permet de noyer toute tentative de transparence sous un amas de paperasses et de règlements opaques.
Lorsqu’une crise éclate, l’art de détourner l’attention en désignant un responsable parmi ses collaborateurs devient une stratégie privilégiée. En sacrifiant un élément du système, le dirigeant préserve son image tout en évitant d’endosser lui-même les conséquences. Cette approche se double souvent d’une illusion d’action, où les annonces de réformes se succèdent sans application réelle, les réunions se multiplient sans résultats concrets, et les promesses restent lettre morte, donnant l’impression d’un travail en cours alors que rien ne change véritablement.
Cette culture de l’évitement fragilise l’efficacité institutionnelle et prive le pays d’une gestion saine et transparente. La méfiance croissante des citoyens envers leurs dirigeants découle en grande partie de ces pratiques. La question reste de savoir jusqu’à quand cette fuite des responsabilités pourra perdurer avant d’atteindre un point de rupture.