مال وأعمال

Cadre juridique et réglementaire de la gouvernance d’entreprise au Maroc

عثمان منجي الدين · 29‏/4‏/2025

Par Prof Mr Slimani Moulay Abdellah
La gouvernance d’entreprise constitue un pilier essentiel dans la régulation et la gestion des entreprises, qu’elles soient publiques ou privées. Elle repose sur un ensemble de règles juridiques et réglementaires destinées à assurer la transparence, la responsabilité et l’efficacité des pratiques de gestion. Le cadre juridique marocain a évolué au fil des années pour s’adapter aux nouvelles exigences économiques et internationales, tout en renforçant la confiance des investisseurs et des parties prenantes. Dans ce contexte, plusieurs lois, décrets et codes de bonnes pratiques ont été mis en place, en complément des efforts des autorités de régulation pour assurer un contrôle rigoureux.
La base juridique de la gouvernance d’entreprise au Maroc repose sur des lois phares, telles que la loi n°17-95 relative aux sociétés anonymes, qui encadre les structures juridiques des entreprises, leurs modes de fonctionnement et leurs obligations en matière de transparence financière. Cette loi impose la désignation d’un commissaire aux comptes et définit clairement les organes de gouvernance, tels que les conseils d’administration et de surveillance. En outre, la loi n°104-12 relative à la liberté des prix et de la concurrence, ainsi que la loi n°20-13 sur la concurrence, visent à garantir un marché concurrentiel et une régulation équitable des transactions commerciales. Le Code du travail, quant à lui, encadre les relations entre employeurs et employés, garantissant ainsi des conditions de travail équitables et la protection des droits des salariés dans un environnement économique en constante évolution.
En complément des textes législatifs, le Maroc a adopté des codes de bonnes pratiques de gouvernance afin de renforcer la transparence et la responsabilité au sein des entreprises. Le Code marocain de bonnes pratiques de gouvernance d’entreprise, mis en place en 2008, fournit un cadre pour les entreprises souhaitant adhérer à des normes éthiques et transparentes dans la gestion de leurs activités. Ce code encourage les entreprises à adopter des pratiques favorisant la responsabilité sociale et environnementale, la transparence financière, ainsi que l’intégrité dans la gestion des ressources humaines. Parallèlement, un code similaire a été élaboré pour les établissements publics, visant à améliorer la gestion et à garantir une meilleure utilisation des fonds publics.
Le rôle des autorités de régulation est crucial dans le maintien d’une gouvernance d’entreprise efficace. L’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux (AMMC) joue un rôle central dans la régulation des marchés financiers, en veillant à la protection des investisseurs et à la transparence des informations financières des entreprises cotées. De même, la Commission Nationale de Gouvernance d’Entreprise (CNGE) œuvre pour promouvoir les bonnes pratiques de gouvernance au sein des entreprises et s’assure de leur conformité avec les normes en vigueur. La Cour des Comptes intervient, quant à elle, pour contrôler les finances publiques, évaluer les pratiques de gestion des entités publiques, et émettre des recommandations pour améliorer leur performance.
Cependant, malgré les progrès réalisés, plusieurs défis persistent. L’indépendance des organes de gouvernance reste un enjeu majeur. Il est crucial de garantir que les administrateurs puissent prendre des décisions sans pression extérieure, notamment de la part des actionnaires majoritaires. De plus, la transparence financière est toujours un domaine d’amélioration. Bien que des mesures aient été prises pour faciliter l’accès aux informations financières, il reste encore des efforts à fournir pour rendre ces informations pleinement accessibles et compréhensibles pour tous les acteurs du marché. L’intégration des nouvelles technologies dans les processus de gouvernance, notamment l’utilisation de l’intelligence artificielle pour analyser les données financières et la mise en place de systèmes de reporting en temps réel, constitue également un enjeu stratégique pour le futur de la gouvernance des entreprises au Maroc.
Les récentes évolutions législatives et réglementaires, telles que les mises à jour du Code de la gouvernance des entreprises et l’introduction des nouvelles normes relatives aux entreprises sociales et solidaires, témoignent de la volonté du Maroc de se conformer aux standards internationaux en matière de gouvernance. Ces réformes visent à améliorer la compétitivité des entreprises marocaines et à attirer davantage d’investissements étrangers, en garantissant un environnement économique stable, transparent et éthique. En somme, la gouvernance d’entreprise au Maroc a fait un grand pas vers une meilleure régulation et une transparence accrue, mais des défis demeurent, particulièrement en ce qui concerne l’indépendance des organes de gouvernance et la mise en œuvre de nouvelles technologies pour renforcer la transparence. Ces réformes continuent d’évoluer et d’impacter positivement le paysage économique marocain.